Grâce à son Cerro Rico, Potosi est la plus grande ville minière d’argent de Bolivie. Elle a été, dans le passé, l’une des villes la plus riche du monde. Les nombreuses églises du centre ville sont les vestiges de ce passé fastueux. Aujourd’hui, la ville continue de vivre grâce à ce riche sous-sol, mais le faste d’antan n’est plus là.
La principale activité touristique de cette ville réside donc dans la visite de la mine…
Nous avons donc face à nous, la rare opportunité de visiter une mine d’argent en activité. Mais le voulons-nous vraiment? Chaque année, une dizaine de mineurs meurent dans cette mine. L’espérance de vie est d’à peine 45 ans et beaucoup commence à y travailler à peine 15 ans, dans des conditions proche des Misérables.
Découvrir une culture, une population, un pays, c’est ce que nous recherchons depuis notre départ. Mais à quel moment le touriste devient-il un simple voyeur de la misère des autres? C’est la question que nous nous sommes posés.
En discutant avec des touristes ayant fait cette expérience et en s’informant un peu plus, nous apprenons qu’une partie des bénéfices des visites sont reversées à une caisse d’assistance aux mineurs et qu’ils apprécient la présence de visiteurs qui s’intéresse à leurs conditions de vie, à un moment où leur gouvernement semble les oublier.
Nous décidons donc de nous lancer, avec une certaine retenue…
Nous sommes samedi, la mine travaille au ralenti, seuls les mineurs travaillants à leur compte sont présents.
Nous avançons dans la mine, l’air se fait rare, la poussière envahie nos bouches et les galeries se rétrécissent. Nous croisons un premier wagonnet poussé par deux jeunes de 20 ans au plus, leurs gueules sont noires et leurs regards semblent toujours s’interroger sur la venue de touristes dans un tel endroit.
L’accès au deuxième sous-sol se fait par une rampe de bois de bric et de broc. L’air est encore plus rare, la poussière plus dense et les galeries plus étroites ne sont plus que de simples boyaux. Nous rampons, nous grimpons, nous voulons sortir… impossible d’imaginer rester ici 8 heures par jour, 6 jours sur 7, avec des explosions de dynamite tout autour de nous.
Nous ressortons de la mine, heureux du défi physique que nous avons surmonté mais plein de nouvelles interrogations…. Comment peut-on travailler dans de tels conditions ? Pourquoi de jeunes ados de 15 ans creusent 6 jours sur 7 à 50m de profondeur ?
Voila quatre jours que nous ne sommes pas près d’oublier…
Nous avons rejoins Uyuni depuis Tupiza. Autant vous dire qu’on en a pris plein les yeux.
Tout d’abord présentation de nos compagnons de voyage durant ces derniers jours:
Miguel, le guide le plus cool de l’Amérique du Sud.
Lisette, la meilleure cuisinière de la Bolivie.
Laurenn, l’Américaine la plus cool de l’Amérique.
Ou encore :Min, André, Caroline, Marith l’estonienne, Dan le philippin, Nicolas l’essonnien, Sonia la Bolivienne.
Tout ce beau monde en route pour 1200 km de pistes (tracés du Dakar 2014) en 4×4, à travers des Volcans, des Salars, des lacs de montagnes, des formations rocheuses, le tout entre 3500 et 5000m d’altitude autant dire que le soir dans les refuges il fait un peu froid.
Quelques moments inoubliables parmi tant d’autres: le lever de soleil sur le Salar de Uyuni, le pique-nique au milieu des chinchillas des Andes (mix entre un lapin et un kangourou), la Laguna Verde, petit lac à 4500 m d’altitude coloré en vert grâce à la présence d’arsenic naturel, la Laguna Colorada, rose et peuplée par des centaines de flamands roses, le cimetière de trains où des locomotives du siècle dernier attendent sagement leurs démantèlement.
On vous conseille quand même de ne pas trop regarder ces photos pendant vos heures de travail, cela pourrait perturber votre productivité.
Sous ses allures de petite ville de province, au rythme tranquille et à l’esprit serein, Sucre est, bel et bien, la capitale officielle de la Bolivie.
Place forte lors de la conquête espagnole, Sucre a vu les murs de son centre historique recouverts de chaux blanche, afin d’en faire une ville hôpital, censée assainir et être repérable. Aujourd’hui, ceci lui ajoute un certain chic.
Conquête espagnole et origine des civilisations indigènes sont donc omniprésentes dans l’histoire de la région. Une rando sur les traces des peintures rupestres, en compagnie de notre cher guide David, nous permet d’être, aujourd’hui,de vrais livres d’histoire.
Et comme l’histoire, c’est notre passion… nous n’avons pas pu résister à l’envie d’aller découvrir les nombreuses traces de dinosaures présentes dans les environs.
… Evidemment, un « magnifique » parc d’attraction à dinosaures était là pour compléter l’aventure!!
Direction Tupiza, pour un trip de quelques jours dans la région du Lipez.
La route pour Sucre étant un peu longue, nous avons choisis de passer 2 jours à Cochabamba, la capitale agricole de la Bolivie.
Visite de la maison de Simon Patino (l’homme le plus riche du monde en 1920), d’El Cristo de la Concordia (plus grand que celui de Rio), de la Cancha (le plus grand marché en plein air d’Amérique du Sud) et coup de bol, nous avons eu la chance de voir un festival de Jazz Bolivien.
Bref 2 petits jours tranquillou…
La Paz, 1 500 000 habitants, le nom qui fait rêver pas mal de monde. Enclavée dans les montagnes, la ville est perchée à plus de 3500m d’altitude, le manque d’oxygène rend chaque effort éprouvant pour les poumons. Les feuilles de coca sont là pour nous aider.
Première approche de la Bolivie, le dépaysement est complet, on est vraiment loin des critères européens et ça fait plaisir. Les maisons ne sont, pour la plupart, pas terminées. Les vendeurs de rue envahissent les trottoirs pour des ragoûts d’abats à toutes les sauces. Les jeunes étudiants cirent des chaussures pour financer leurs études et cachent leurs visages pour ne pas faire honte à leurs familles. Les femmes portent les vêtements traditionnels et tous sont cramés par le soleil (hé oui, ça tape un peu le soleil à 3500m).
Afin de vous faire entrer dans la culture bolivienne, nous voudrions vous parler d’un des rites de bases envers la Patchamama.
Dès lors que vous désirez construire un édifice, vous devez faire une offrande :
– Pour une maison, il est de rigueur d’enterrer un fœtus de lama dans les fondations,
– Pour une construction plus importante (type une école), l’offrande doit nécessairement être à la hauteur de l’édifice… il semble alors conseillé d’enterrer un drogué, un alcoolique ou un vieillard dans les fondations pour que son âme revienne à la Patchamama.
…Si ce sacrifice humain n’est qu’une légende, le nombre d’histoires qui le raconte peuvent faire penser l’inverse, à vous de voir…
Comme promis, la vie n’est vraiment pas cher ici :1,5€ la pinte, 5€ la nuit d’hôtel en centre ville (bière incluse), 2€ le plat en restaurant chic.
Le moment de quitter le désert chilien pour la Bolivie est arrivé!
Encore quelques jours au Chili pour profiter de la plage d’Arica (à l’extrême nord du Chili) et dépenser nos derniers pesos chiliens.
Au revoir le désert et ses magnifiques nuits étoilées (les plus belles du monde),
Au revoir les volcans et ses lacs d’altitude tout simplement sublimes,
Au revoir la vallée de la mort (qui doit son nom à un Belge, une sacré bonne blague Belge d’ailleurs),
Au revoir la vallée de la Lune, un point de vue incroyable sur le décor lunaire du désert d’Atacama.
Bref, cette petite dernière semaine au Chili, en compagnie des copains provinciaux et provençaux, fut bien riche en java, en blagues, en découvertes, en copinages et en transports.
Atacama c’est pas le Pérou mais c’est vraiment fascinant et merveilleux.